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Les premières traces de l'art japonais découvertes au Japon remontent aux environs du Xe millénaire av. J.-C.
Au niveau de l'art en général et de la peinture en particulier, tout au long de son histoire, le Japon a connu l'apport d'idées extérieures et nouvelles, puis lors de longues périodes de repli sur lui-même, les japonais ont su intégrer, imiter, assimiler puis s'approprier des éléments issus de ces cultures étrangères - principalement chinoise - en les complétant avec leurs propres préférences esthétiques.

La peinture japonaise (絵画 kaiga), l'un des plus anciens et des plus raffinés des arts japonais comporte une grande variété de genres et de styles.
Pratiquée aussi bien par des professionnels que par des amateurs, la peinture est le moyen d'expression artistique favori au Japon ; les Japonais ont écrit avec un pinceau jusqu'à l'époque moderne et cette familiarité avec les techniques du pinceau les ont rendus particulièrement sensibles aux techniques picturales.
« Vieux prunier », par Kanō Sanraku 1559-1635. Encre, couleurs et or sur papier.
Jeu de portes coulissantes : 184 x 99 cm, début du XVIIe siècle. Daikaku-ji, Kyoto


Comme en Chine, la peinture japonaise est inséparable de la calligraphie ;
C'est fondamentalement un « art du trait ».
La formation classique du peintre au Japon est celle de l'apprentissage de la calligraphie, contrairement à la formation de l'artiste en Occident où la notion de trait n'est pas la même ( en Occident, le trait est considéré seulement comme un pur contour, une limite)
Paysage à l'encre de chine - Sesshû ( 1420-1506)  

Cette importance de la calligraphie explique également le fait qu'au Japon comme en Chine, dans la tradition, les peintres sont des lettrés.
Les Quatre Trésors du lettré (relire ici) sont au cœur de la peinture japonaise qui utilise traditionnellement l'encre.

L'influence chinoise selon la tradition de la peinture de lettrés  se retrouve notamment dans des thèmes tels que la peinture religieuse bouddhiste, les lavis de paysages, la peinture d'animaux et de plantes, en particulier les oiseaux et les fleurs.

" Pins sous la neige" - Maruyama Ôkyo - période Edo

Un peu d'histoire :

Les premiers arts complexes du Japon furent créés pendant les VIIe et VIIIe siècles ap. J.-C. en rapport avec le bouddhisme.
Lors du IXe siècle, alors que le Japon commence à se détourner de la Chine et à développer des formes d'expression propres, les arts profanes prennent une grande importance. Ceci jusqu'à la fin du XVe siècle.
Après la Guerre d'Ōnin (1467-1477), le Japon entre dans une période de perturbations politiques, sociales et économiques pendant près d'un siècle ; et dans l'État qui émerge ensuite sous le joug du clan Tokugawa, la religion jouant un rôle moins important, les formes d'art qui survécurent furent essentiellement profanes.

Les premières peintures japonaises remontent à l'époque des Kofun (du IVe au VIIe siècle) avec la décoration des murs des chambres funéraires.
On pourra véritablement parler d'art avec l'introduction du bouddhisme.
La peinture puisera pendant une longue période sa technique, ses thèmes et son inspiration en Chine.

Le "mouvement" dans la peinture japonaise ne fera son apparition qu'au XIIIe siècle pendant le dynastie chinoise des Song.
C'est aussi au XIIIe siècle que les premières peintures sur papier, et non sur soie, feront leur apparition.
Les siècles suivants verront la naissance de nouveaux styles au début sous l'influence de précepte de certaines sectes (comme le Zen) puis beaucoup plus libéré (style guerrier).

L'ère Edo (1600-1868) se caractérise par un "japonisme" accru se démarquant nettement de l'influence chinoise.

Avec la montée de la culture populaire pendant la période Edo, un type d'estampes nommé Ukiyo-e (浮世絵) devint un art majeur et ses techniques furent perfectionnées par la suite.
La sculpture japonaise fut un moyen d'expression artistique moins prisé ; la plus grande partie des sculptures japonaises est liée à la religion et son utilisation déclina en même temps que l'importance donnée à la tradition bouddhiste.
Les céramiques japonaises se classent parmi les plus fameuses du monde.
En architecture, les Japonais ont une préférence marquée pour les matériaux naturels et les interactions entre les espaces intérieurs et extérieurs.

Cependant, des traditions typiquement japonaises se sont développées dans tous ces domaines.
Le sujet qui est largement considéré comme le plus caractéristique de la peinture japonaise, et plus tard de l'impression, est la représentation de scènes de la vie quotidienne et de scènes narratives souvent remplies de personnages et de détails.
Sans aucun doute, cette tradition commence au début de la période médiévale sous l'influence chinoise, mais  s'est développée une tradition spécifiquement japonaise qui a duré jusqu'à l'époque moderne.

L'influence occidentale ne devient significative qu'à partir de la fin du XIXe siècle, parallèlement au développement du japonisme en Occident.

L'art japonais se caractérise par sa simplicité, mais également, par son exubérance colorée, il a considérablement influencé la peinture occidentale du XIXe siècle (avec le japonisme) et l'architecture occidentale du XXe siècle.

En savoir + :
http://www.clickjapan.org/Art_japonais/peintures_et_dessins.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Peinture_japonaise
https://fr.wikipedia.org/wiki/Art_japonais

6 Thoughts on “L’art japonais …

  1. Anne-Marie on 17 février 2018 at 20 h 40 min dit:

    Très beau résumé Christine. C’est magnifique et cette peinture est tellement délicate. Mais que fais tu d’un peu de repos ?….
    Bisous
    Anne-Marie

  2. mireilleb on 18 février 2018 at 9 h 35 min dit:

    Merci Christine, c’est passionnant.
    N’oublies pas un petit exercice “les doigts de pieds en éventai japonais”
    Bises
    Mireille

  3. Antoinette on 18 février 2018 at 11 h 13 min dit:

    Merci Christine pour ces infos. Quelle finesse dans l’art japonais !

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