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Est une huile  de Caspar David Friedrich
que nous interprétons en ce moment, en atelier technique Aquarelle.

Caspar David Friedrich - "Paysage d'hiver avec église"- 1811
Huile sur toile - 33 x 45 cm

Le brouillard, la neige, l'ambiance mystérieuse... spirituelle ... ont été la thématique de départ.
Cela nous permet surtout d'affiner notre expérience de différentes méthodes de travail : les lavis et "écritures"sur fond humide, sur sec, les dégradés, les réserves de blanc, les effets de matières ... 
Et on y travaille ! 

Mais ce
tte œuvre est bien plus qu'un simple paysage d'hiver ;
c'est une allégorie religieuse et philosophique profonde.

Ce que l'on peut prendre pour des bâtons ou des cannes jetés sur la neige au premier plan sont la clé de lecture de tout le tableau !
Ce ne sont pas de simples bâtons de marche.
La plupart des historiens de l'art s'accordent à dire qu'il s'agit de béquilles.

Elles appartiennent à l'homme que l'on devine assis au pied du rocher, juste devant le crucifix.
Le fait qu'il les ait jetées loin de lui symbolise la guérison spirituelle ou la fin du voyage terrestre.
L'homme n'a plus besoin de ses soutiens matériels (ses béquilles) car il a trouvé son ultime réconfort dans la prière face au Christ. 
C'est le passage de la douleur physique à l'espoir du salut éternel.



Friedrich utilise chaque élément de la nature pour construire un message :
- Le rocher représente la fermeté de la Foi.
C'est le socle inébranlable sur lequel l'homme s'appuie au moment de la mort ou de l'épreuve.
- Les sapins : Contrairement aux arbres à feuilles caduques qui meurent en hiver, les sapins restent verts. Ils symbolisent l'espoir et la vie éternelle.
- L'église fantomatique n'est pas "réelle" au sens géographique.
Elle surgit de la brume comme une vision céleste, une promesse de ce qui attend l'homme après la vie. Ses formes gothiques pointées vers le ciel accentuent cette aspiration vers le divin.
- La neige représente le linceul, la fin de la vie, mais sa blancheur évoque aussi la pureté et la clarté de la révélation.


Peint en 1811, ce tableau appartient à une période charnière pour Friedrich.

Caspar David Friedrich - "Paysage d'hiver avec église"- 1811
Huile sur toile - 32,5 x 45 cm

Il a un "frère jumeau" intitulé "Paysage d'hiver".
Dans ce second tableau, on voit le même personnage, mais plus jeune, errant dans une nature plus hostile.

Paysage d'hiver avec église est considéré comme la conclusion positive de ce cycle : la découverte de la paix intérieure.
À cette époque, l'Allemagne est sous occupation napoléonienne.
Pour Friedrich, peindre ces paysages mélancoliques et ces églises gothiques est aussi une manière d'affirmer l'identité culturelle et spirituelle allemande face à l'envahisseur.
Nous sommes en pleine période du courant artistique qu'est le Romantisme Allemand.

Friedrich a souvent été critiqué car il "mélangeait" le paysage (considéré comme un genre mineur) avec la peinture religieuse (le genre noble).
                                                  Pour lui, la nature était le temple de Dieu.

Ce que le tableau veut nous dire : Le message est celui d'une transition paisible.
Friedrich nous montre un homme âgé ou blessé qui, arrivé au bout de ses forces, abandonne ses béquilles pour s'en remettre à Dieu.
La nature n'est pas ici une ennemie glaciale, mais un décor sacré où la brume se lève pour laisser apparaître la demeure céleste (l'église).


C'est une œuvre de consolation :
elle dit que même dans l'hiver le plus profond de la vie,
l'espoir (le sapin) et la destination (l'église)
restent visibles pour celui qui sait regarder.

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