Juste avant la période "Baroque", à la fin de la Renaissance, s'intercale la période du "Maniérisme".


En art, le "maniérisme" apparaît toujours lorsqu'un style est sur le déclin.

C'est exactement la si­tuation dans laquelle se trou­vait la peinture à la fin de la Renaissance.

En revenant aux sources de l'art de l'Antiquité, notamment avec la représentation réaliste du corps humain, la Renais­sance constituait un renouveau libérateur après la longue pé­riode gothique.

Mais par la suite, lorsque l'inspiration de la Re­naissance a commencé à s'épuiser, les artistes ont cher­ché de nouvelles possibilités d'évolution.

Ils voulaient aller au-delà du naturel inspiré de l'Antiquité en modifiant la nature au moyen de l'art.

Au sens strict, le terme de «maniérisme», dérivé de l'ita­lien maniera, désigne un style artistique pratiqué en Europe un siècle durant, entre 1520 et 1620.  

La com­position et les formes limpides qui caractérisaient la peinture de la Renaissance se font alors plus complexes, en réaction au classicisme: le maniérisme est né.

Telles les œuvres du Parmigiano, de Pontormo et de Bronzino.



"La Visitation" de Pontormo

 

Les artistes de la Renaissance avaient perfectionné l'illusion de la profondeur spatiale grâce à la découverte des lois de la perspective.

Les maniéristes jouent sur cette profondeur, qu'ils rendent imprécise ou qu'ils déforment, soit en l'exa­gérant, soit en l'abolissant.


Les personnages aux volumes ac­centués, presque sculpturaux, sont  étirés, pré­sentés dans des postures bizarrement contournées et artificielles, tout en dégageant une singulière fascination sen­suelle, voire érotique.

Ces caractéristiques se retrouvent dans les oeuvres de l'école de Fontaine­bleau, en France.

A l'opposé de cette tendance sensualiste, Le Greco, en Espagne,créent des personnages démesurément allongés,tordus dans des poses extravagantes; ils sont ici 'dévorés' par un feu in­térieur : ce ne sont plus des corps mais de pures manifes­tations de l'esprit.

Cette ten­dance à la désincarnation est particulièrement sensible dans les portraits des peintres maniéristes.

Le portrait maniériste révèle les profondeurs de l'être mieux que ne pourrait le faire toute analyse psychologique.


Dans cette veine "maniériste" on trouve en Allemagne, Holbein ; à la cour pragoise de Rodolphe II,  Spranger, Von Aachen et Joseph Heintz.; en  Hollande, l'école de Haarlem avec Lucas de Leyde, Jan Gossaert et Maerten van Heemskerck, artistes qui peignaient à la «manière romaine», autrement dit dans le style maniériste.


Le maniérisme, style de transition  entre l'art de la Renaissance et le baroque, s'épuise peu après  le début du XVIIe siècle, après avoir rayonné de l'Italie sur l'Europe entière.

Les historiens et critiques d'art du XXe siècle ont révélé l'importance du maniérisme, qu'ils avaient jusqu'alors considéré du point de vue de la Renaissance, et par conséquent négligé et taxé d'art décadent.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation