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Ce n'est pas un poisson d'avril ... et pourtant c'est bien le jour pour vous parler ... "poisson" !
Nos cours de dessin en ce moment nous entraîne à utiliser pinceaux, encre et papier de riz, pour calligraphier, dessiner bambous et paysages... pour découvrir d’ autres techniques de dessin.
L'encre et le papier permettent aussi de travailler des empreintes avec une technique qui dérive d’un savoir-faire ancestral « le Gyotaku » !
- Le Gyotaku : Qu’est ce que c’est ?
« Le gyotaku (en français ichtyogramme) est un art japonais consistant à reproduire des empreintes de poissons sur différents supports tels que du papier ou du tissu.
Il semble difficile de déterminer les débuts de cet art, issu d'une longue tradition.
Les deux exemplaires les plus anciens que l'on connaisse ne remontent qu'à l'époque d'Edo et datent de 1862. L'un reproduit une daurade royale, l'autre une daurade grise, poissons nobles symbolisant le bonheur.
Mais la technique est connue depuis bien plus longtemps.
Elle est utilisée au départ par les pêcheurs pour immortaliser leurs plus belles prises, pouvant ainsi prouver leur valeur en tant que pêcheur en en laissant une trace concrète.
Les pêcheurs japonais inscrivent aussi les renseignements nécessaires à l’identification de leurs prises : mensurations, lieu de capture … ajoutent quelquefois un poème de remerciement puis leur signature.
Sous cette forme, le Gyotaku est parfois affiché dans les poissonneries.
L'ichtyogramme est donc un mode d'expression du respect et de la gratitude du pêcheur envers la mer nourricière, exprimant la satisfaction et la fierté d'avoir pris une pièce d'exception mais aussi la reconnaissance de la générosité des océans.
Ce procédé a été repris par des naturalistes japonais et américains jusqu'au XXe siècle.
Depuis certains artistes ont approfondi la technique selon le support utilisé, allant jusqu'à repeindre en détail, écailles ou œil sur l'empreinte.
Vous voulez vous lancer ?
Deux méthodes permettent de réaliser un Gyotaku, dont les résultats sont aussi opposés que complémentaires :
- La première, à l'encre de chine, a pour support un papier japonais (washi) sur lequel on obtient un motif inversé.
Le poisson est d'abord nettoyé, soit avec du sel soit avec du vinaigre selon la provenance, eau douce ou océan.
L'encre doit obligatoirement être appliquée dans le sens des écailles.
Ensuite, on applique le papier sur le modèle et on le frotte à la main, toujours dans le même sens tête - queue.
Enfin, on décolle le papier inscrit d'une empreinte.
L'artiste n'a plus qu'à peindre délicatement l'œil au pinceau.
- La seconde apparaît en 1948 sous la main de Koyoo Inada.
Ce furent les débuts de l'interprétation artistique sur le support noble qu'est la soie.
La couleur apporta un relief et une vie nouvelle à cet art encore expérimental.
La fibre de soie se révéla idéale grâce à sa facilité d'emploi et de manipulation.
L'application des couleurs est indirecte, c'est-à-dire qu'elles sont appliquées sur le tissu par transparence avant d'être tamponnées en fonction de l'aspect désiré.
Cette méthode exige une maîtrise bien plus élaborée, chaque œuvre bénéficiant d'un secret transmis du maître à l'élève et traduisant le style de son auteur.
La composition est accompagnée d'un texte destiné à transmettre toute sa dimension poétique.
Le Gyotaku reste un art marginal pratiqué en petit comité et ne connaît qu'une diffusion restreinte … mais qui gagne a être connu !
Si vous n'aimez pas le poisson, vous pouvez vous y essayer
comme je l'ai fait sur des motifs différents 🙂
Sur le net des articles, des images et des vidéos expliquant et montrant des savoir-faire vous permettront d'aller plus loin dans cette découverte ; certains « dans leur jus » et d’autres utilisés à des fins plus artistiques et picturales.


Incroyable !!!!!!
Merci pour cette belle histoire!!!!
Bon premier avril
Bisous