5° règle : "Le culte de la tradition" :
Le culte du passé dominait l’art tout entier, et c’était une tâche considérée comme importante et honorable que de copier les oeuvres des grands maîtres.
« Copier » n’était pas seulement manifester son respect pour les anciens artistes mais c’était aussi contribuer à la diffusion d’œuvres de valeur et pratiquer un exercice excellent pour former l’œil et la main.Puisqu’il était admis que les vieux maîtres avaient trouvé la représentation idéale de tous les sujets possibles, le copiste se sentait libre de se concentrer sur la difficulté de donner « vie a son œuvre ». Mais l’artiste chinois ne se limitait d’ailleurs pas à exécuter de serviles copies. Les « copistes » se livraient donc souvent à de libres variations sur des thèmes traditionnels.
6° canon : "Le frémissement de la vie":
Aux yeux des Chinois, ce qui permet de reconnaître le grand art, c’est ce don mystérieux de vitalité :
Tandis que la technique peut s’acquérir par la mise en pratique des cinq principes précédents, le talent d’insuffler la vie à une oeuvre ne s’apprend pas. C’est un don du ciel, qui met son possesseur en harmonie avec le monde, lui permettant de percevoir et de recréer l’esprit inhérent à son sujet.
Un contemporain de Hsieh Ho décrit ainsi des peintures qui ont réussi à fixer la vie à leur surface : « je compare et distingue mers et montagnes. Le vent s’élève de la verte forêt et les eaux écumantes bondissent dans le torrent. Hélas ! Ce n’est pas avec le mouvement physique de la main qu’on peut réussir un tel tableau, mais seulement avec l’esprit qui l’inspire et la dirige.Telle est la nature de la peinture ».