.... à la Fondation Vasarely à Aix.
Après avoir travaillé ces derniers mois sur ces illusions optiques en cours de Dessin et en Histoire de l'Art surtout, c'est en les observant de plus près que nous avons pu encore mieux apprécier ces œuvres qui nous "chamboulent" la rétine.

Nous avons passé un agréable samedi après midi à (re)découvrir l’œuvre de Victor Vasarely ...
Se trouver face aux véritables œuvres d'un artiste
c'est toujours mieux comprendre sa méthode de penser et de créer !

Quelques photos à partager :

En savoir + :

L'Op art, ou art optique :

Qu'est ce que c'est ?

"l’Op art, ou art optique" : l'expression est utilisée pour décrire certaines pratiques et recherches artistiques faites à partir des années 1960 et qui exploitent la faillibilité de l'œil à travers des illusions ou des jeux d'optique)
Les œuvres d'op art sont essentiellement abstraites.
Les pièces donnent
l'impression de mouvement, d'éclat de lumière et de vibration ou de mouvements alternés.
Ces sollicitations visuelles placent le corps du spectateur en situation instable, entre plaisir et déplaisir, plongé dans une sensation de vertige proche de certains états d’ivresse légère.
Ce phénomène est parfois renforcé par le caractère monumental des pièces, parfois des environnements, voire dans le cas d’art optico-cinétique de réelles sources de lumière jaillissant de l’ombre.

 D'où vient - il ? : de la Première moitié du XXe siècle

Les origines de l'op art remontent aux théories visuelles développées par Kandinsky et d'autres artistes dans les années 1920.
Au Bauhaus, l'école des beaux-arts fondée en Allemagne en 1919 pour explorer une esthétique fonctionnelle moderne, les étudiants en design industriel apprenaient les principes de la couleur et du ton d'une façon structurée.
La manière dont une couleur est perçue dépend de son contexte ; par exemple, certaines couleurs « vibrent » lorsqu'elles sont appliquées les unes contre les autres.
Josef Albers, d'origine allemande, se livra à une étude systématique de la relativité et de l'instabilité des couleurs.
Nous l'avons déjà abordé il y a quelques mois :  Relire ici
En 1935, Marcel Duchamp produit des effets d'optique avec des disques rotatifs appelés « rotoreliefs ».

Son représentant le plus célèbre :

Son représentant le plus célèbre n’est autre que Victor Vasarely (1908-1997), artiste français d’origine hongroise dont vous connaissez déjà au moins une réalisation : c’est à lui que l'on doit le logo de Renault !
Vasarely commence dès les années 1940 à expérimenter des formules pour "dynamiser" l’art abstrait, en utilisant d'abord des motifs géométriques en noir et blanc.
Résultat : des peintures qui donnent une impression d’ondulation.

Victor Vasarely : Mieux le situer :

Il s'opposait avec véhémence à l'idée de l'artiste comme personne égocentrique ; comme dans l'œuvre de nombre de ses contemporains plus jeunes des années 1960, il n'y a aucun indice de l'artiste dans ses tableaux.

Győző Vásárhelyi, dit Victor Vasarely, né le 9 avril 1906 à Pécs, en Autriche-Hongrie, et mort le 15 mars 1997 à Paris 16e, en France, est un plasticien hongrois, né austro-hongrois et naturalisé français en 1961, figure essentielle de l'op art, reconnu comme étant le père de l'art optique.
- Il commence des études de médecine, qu'il arrête au bout de deux ans.
- Il s'intéresse alors au Bauhaus et étudie à l'atelier de Sándor Bortnyik (en) à Budapest de 1929 à 1930.

- En 1930, il vient travailler dans le graphisme publicitaire à Paris.
Il s'installe à Arcueil avec son épouse Claire (Klára) Spinner (1908–1990)
En 1934, naît leur fils Jean-Pierre (mort en 2002) qui deviendra plasticien sous le nom d'Yvaral et travaillera avec son père.
- Il y débute comme artiste graphiste dans des agences publicitaires comme Havas, Draeger ou Devambez.
Il y effectue son premier travail majeur, « Zebra » (1937) considéré aujourd'hui comme la première œuvre «  op art ».
«  Zèbres » entièrement constituée de bandes noires et blanches courbes parallèles et rapprochées de manière à donner l'impression tridimensionnelle d'un zèbre.
Il reproduit ce procédé en 1939 dans des gouaches de deux zèbres aux cous enlacés et une lithographie d'un zèbre au galop.
Zebra : 52 x 60 cm

- Pendant la guerre, il fait la connaissance à Paris de Denise René.
À la Libération, il l’incite à fonder sa galerie d'art rue La Boétie qui ouvre en lui dédiant sa première exposition en 1944 où il expose ces œuvres graphiques.

- En 1948, les époux tombent amoureux de Gordes (Vaucluse) où sera ouvert un musée Vasarely en 1970, soutenu par la fondation créée par Vasarely et son épouse en 1971, et fermé en 1996 face à des difficultés de gestion.

En 1948, il découvre la confusion des plans, déstabilisant la vision, produite par les contrastes de la lumière de Provence et de l'ombre sur les façades de Gordes puis, en 1951, ce sont les craquelures du carrelage de la station de métro Denfert-Rochereau qu'il reproduit (un procédé qu'utilisera aussi Ellsworth Kelly), jusqu'à revenir en 1952 au carré de Malevitch.

- Les toiles de sa période « Noir-Blanc » de 1951-1963, passent ainsi de l'alternance contrastée de bandes brisées (Ujjaïn, 1955) au motif du damier de ses précédentes lithographies (Arlequin, 1935), soumis ensuite à des déformations optiques suggérant celles des profondeurs de l'espace, dans ses séries Vega à partir de 1956 ou Supernova.

Pendant les deux décennies suivantes, Vasarely
développe son propre modèle d'art abstrait géométrique, travaillant dans divers matériaux, mais employant un nombre minimal de formes et de couleurs.
Ces toiles anticipent celles des artistes optiques des années 1960.
- En 1955,
il participe à l'exposition « Le mouvement. Le manifeste jaune » à la galerie Denise René avec Marcel Duchamp, Alexander Calder, Jesús Rafael Soto, Jean Tinguely, Pol Bury et Robert Jacobsen.

- En 1956,
l'Argentin Gyula Kosice du groupe Madi vient le voir à Paris et dans son manifeste lui attribue « la paternité indiscutable de la plastique cinétique », ce qui marque la reconnaissance de Vasarely en Amérique du Sud où il expose en 1958 au musée national des Beaux-Arts de Buenos Aires, au musée d'art moderne de Montévideo, puis en 1959 au musée des Beaux-Arts de Caracas.

- En 1958,
il réalise une mosaïque murale optique rue Camou à Paris et bénéficie de sa première exposition à New York à la Rose Fried Gallery.
-
Il présente également une rétrospective au Palais des Beaux-arts de Bruxelles en 1960, où il publie un manifeste annonçant l'avènement d'une « civilisation-culture planétaire » et participe en 1961 à l'exposition « Bewogen Beweging », premier bilan muséal de l'art cinétique, au Stedelijk Museum d'Amsterdam avec une toile de la série Vega, puis à la Pace Gallery de Boston en 1962, où il est reconnu comme à l'origine du renouveau de l'abstraction géométrique par l'introduction des effets optiques dans l'art contemporain.

-
Il expose également en 1963 au musée des Arts décoratifs à Paris et à Hanovre, puis en 1964 à Milan, à la Documenta III de Cassel et dans d'autres villes d'Allemagne et de Suisse ainsi qu'à New York et Cincinnati.
- En quarante ans de carrière, l’artiste a réalisé quelques rares œuvres religieuses dont seulement deux toiles: un « Christ » et un « Saint-Pierre ».
Propriétés de la ville de Charenton-le-Pont, elles ont été exposées jusqu'en décembre 2018 dans la crypte de la cathédrale d'Évry.
Les deux toiles religieuses de Vasarely ont rejoint ensuite la collection du musée Paul Delouvrier à Evry ( situé à l’arrière de la Cathédrale d’Evry)
Vasarely
a également conçu les 25 vitraux de l'église œcuménique Saint-François d'Assise de Port-Grimaud dans le Var.
Ces œuvres monumentales que Victor Vasarely a réalisées avec son fils Yvaral en 1980 sont conçues comme un diptyque.

5 Thoughts on “S’immerger dans l’art optique …

  1. Geneviève Gallin on 3 juin 2024 at 9 h 10 min dit:

    Trés belle sortie.
    J’aurais adoré y participer..mais c’était réservé aux élèves du cours d’histoire de l’art et de dessin!
    Dommage. Dire que je suis dans la région depuis si longtemps et que je ne connais pas la fondation Vasarely ! Il faut absolument que je corrige cette carence.

  2. Kanban FLORENCE on 3 juin 2024 at 10 h 29 min dit:

    C’était trés chouette de découvrir les véritables oeuvres, et plutôt impressionnant !
    merci pour l’organisation de cette belle visite ; bellle semaine à tous.

  3. Gavoty Nicole on 3 juin 2024 at 10 h 49 min dit:

    Merci Christine pour ce magnifique reportage photos que je viens de voir et revoir.
    Encore plus de regrets de vous avoir fait faux bond.
    Bises et à très vite.

  4. Merci , Christine,de nous avoir offert cette occasion de nous immerger dans ce monde de Vasarely . Passionnante et très agréable après-midi !

  5. Levrere Roselyne on 3 juin 2024 at 17 h 13 min dit:

    Vraiment très contente d avoir visité la fondation
    C était monumental.
    A faire connaître autour de soi
    Roselyne

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